Et si nous passions de « Métro Boulot Dodo » à « Vélo Bobos Repos » ?

Margote et Guillaume ont suivi l’itinéraire de la ViaRhona à vélo pendant 3 jours lors du week-end de Pâques. De Valence jusqu’à la Camargue, ce parcours à vélo facile et accessible longe le Rhône et traverse plusieurs beaux villages et villes de France. Margote nous raconte ses impressions illustrées des photos de Guillaume.

Il y a quelques semaines, j’ai investi dans mon premier vrai vélo, pas celui qui me permettra d’aller à la boulangerie ou au travail mais celui qui me portera, moi et mes bagages, jusqu’au bout du monde. J’ai choisi le modèle VTC Riverside 920 de la fameuse marque bleue, affiché à 950 euros (prix auquel il a fallu que j’ajoute une centaine d’euros de matériel de voyage). 

« Longue de 815 km, celle-ci longe le Rhône du Lac Léman jusqu’à la Méditerranée« 

Ainsi équipée, j’ai attendu le bon moment pour partir pour ma première sortie : un week-end de 3 jours et du beau temps. N’ayant aucun entrainement, j’ai opté pour un itinéraire près de chez moi qui ne nécessite pas des mollets en béton : la ViaRhôna. Longue de 815 km, celle-ci longe le Rhône du Lac Léman jusqu’à la Méditerranée par des voies cyclables ; les paysages qu’elle offre sont très variés et celle-ci est accessible aux débutants comme aux familles. 

©Guillaume Labergerie

L’itinéraire étant fixé, j’ai rempli mes sacoches et mes gourdes et j’ai rejoint la ViaRhôna à la Voulte-sur-Rhône en train (le transport des vélos en TER ne pose aucune difficulté). La première journée, finalement la plus longue, fut l’occasion pour moi de m’approprier ce nouveau moyen de transport : rouler sur du plat sur près de 85 km, du jour au lendemain, n’a rien d’anodin ; d’où le « vélo bobos repos » ! En effet, malgré l’achat d’une selle adaptée à ma morphologie et le port d’un cuissard de cycliste, j’ai tout de même fait les frais de ces 6 heures de pédalage ! Arrivée à destination, j’ai donc passé la porte d’une pharmacie pour acheter une crème spécifique anti-frottement (à mettre dans ses sacoches pour la prochaine sortie). 

Pour résumer cette première journée : du vélo, oui ; des bobos, oui ; et il manque … le repos. Car oui, même si rouler 6 heures sans entrainement est un défi sportif, cela permet sans aucun doute de souffler (surtout en ces temps très anxiogènes) : plus de montre, plus de portable, plus d’information ; simplement des paysages et des pistes cyclables. De la verdure, des croassements de grenouille, des troupeaux de moutons, des cygnes, des fleurs … Nous oublions souvent que le repos passe à la fois par le repos physique mais aussi mental. Et, paradoxalement, une journée entière de vélo est certes épuisante physiquement, mais la nuit qui suit est alors d’autant plus reposante et régénérante qu’on en oublie nos bobos de la veille et que l’on se laisse porter par l’envie de repartir au plus tôt lorsque la fraîcheur est encore là. 

La deuxième journée avait pour objectif d’atteindre la ville d’Avignon, à plus de 75 km. Le temps était clément mais le mistral s’est vite fait sentir, heureusement je ne l’avais pas de face. L’itinéraire entre Bourg saint Andéol et Avignon n’a toutefois pas été à la hauteur de mes atteintes : le circuit longeait un canal pas forcément très esthétique, les paysages devenaient de plus en plus secs et la fin du parcours m’a fait passer par la banlieue de Sorgue, ville sans mérite. L’arrivée au centre-ville d’Avignon corrigea alors mon pessimisme : la cité des Papes entourée de remparts est belle, admirable. Son histoire étroite avec la culture italienne m’a condamné à goûter les glaces et spécialités d’Italie afin de me faire ma propre idée, sans culpabilité. 

Avec le ventre bien rempli, j’ai rejoint la chambre d’hôtes que j’avais réservée, située sur l’île de Piot. Et si je peux conseiller un hébergement sur la ViaRhôna, c’est bien celui-là : L’îlot bambous, où vous serez accueillis à bras ouverts par Jean-Phillipe, ancien professeur des écoles, qui maintenant cultive un havre de paix à deux pas du centre-ville d’Avignon grâce à un jardin aux multiples végétaux. 

La nuit fut extrêmement réconfortante et le petit déjeuner de produits maisons et locaux réjouissant. J’étais donc en pleine forme pour cette troisième et dernière journée de vélo. J’ai pris le train pour m’avancer jusqu’à Arles d’où j’allais parcourir une belle et grande boucle à travers la Camargue de 70 km. Des taureaux, des chevaux Camarguais, des flamants roses, des marais et des salicornes : en peu de temps, j’ai pu croiser toute la faune et la flore typiques de cette région. Malheureusement, j’ai dû rester sur les routes sans pouvoir m’aventurer sur les sentiers plus pittoresques car Guillaume était en vélo de route.

Je garde un très bon souvenir de ces trois jours, et j’ai évidemment envie de recommencer, mais cette fois-ci, au tout départ de la ViaRhôna pour découvrir un univers totalement différent : le Lac Léman située entre la Suisse et la France, d’où il borde de sa rive ensoleillée le nord du département de la Haute-Savoie.

Margote

Retrouvez l’itinéraire de nos 3 jours :

Jour 1 : De Livron sur Rhône à Saint Marcel d’Ardèche

Jour 2 : De Saint Marcel d’Ardèche à Avignon

Jour 3 : Après un coup de TER, Boucle au départ de ARLES en Camargue

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